• eUROPE BARBEL2EFrancis Wurtz / Vendredi, 8 Janvier, 2016 / Humanité Dimanche

    La chronique de Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen. Attention à la dérive sécuritaire et militariste en cours en europe au nom de la « guerre au terrorisme »

    L'année qui débute interpelle fortement le « peuple de gauche » dans toute l'Europe ! Nombre de défis vont s'exacerber dans les prochains mois. État des lieux.

    À tout seigneur tout honneur : commençons par la bonne surprise que nous ont réservée les forces démocratiques du Portugal et de l'Espagne!Dans le premier cas, une chance existe que l'alliance inattendue entre le Parti socialiste, le Parti communiste et le Bloc de gauche enraye la logique « austéritaire » dont ce pays était l'un des laboratoires. Dans le second, l'irruption de Podemos dans le paysage politique est la preuve que le coup de force contre la Grèce n'a pas tué la volonté de changement dans les pays voisins. L'Europe du Sud fait renaître l'espoir !

    Il n'en va pas de même de l'autre défi majeur : celui de l'accueil des réfugiés, chassés de leur pays par la misère, l'oppression et les ravages de la guerre.Tandis qu'un peu partout les frontières se referment et des murs s'érigent (adieu Schengen ?), les dirigeants européens recherchent le salut dans le marché indigne passé avec le dictateur turc et massacreur du peuple kurde : argent et caution politique contre rétention des réfugiés ! De dures batailles en perspective !

    Par ailleurs, la question de l'euro restera au cœur du débat européen. La Banque centrale européenne (BCE) a beau créer de toutes pièces 60 milliards d'euros par mois (!) et prêter ces sommes colossales aux banques quasi gratuitement (à... 0,05 %), cela ne relance ni l'économie ni l'emploi, mais nourrit au contraire les opérations financières. Même des observateurs peu axés sur la critique des politiques européennes sont conduits à le reconnaître : « Les liquidités injectées par la BCE alimentent la hausse des Bourses et des marchés financiers » (1). Et pour cause : l'idéologie libérale qui guide l'euro depuis sa création s'oppose radicalement à ce que l'argent créé par la BCE aille aux États pour les libérer des pressions des marchés de capitaux et que ses taux quasiment nuls soient strictement réservés à des investissements créateurs d'emplois de qualité et de richesses utiles à la société ­ en particulier des services publics. Faire de ce type de transformation un objectif de luttes populaires massives : voilà qui ouvrirait des perspectives ! Mais il y a encore nombre d'autres questions d'envergure qui appellent des débats de fond et des interventions citoyennes.

    Ainsi : gare aux concessions de Bruxelles à l'ultraconservateur Cameron pour tenter de retenir les Britanniques dans l'UE !Attention à la dérive à la fois sécuritaire et militariste en cours en Europe ­ France en tête ­ au nom de la « guerre au terrorisme » ! Quelles suites seront-elles réservées à la COP 21 pour concrétiser les ambitions affichées à Paris ? N'oublions pas le TAFTA, dont les négociations entrent dans une phase cruciale. Et que dire de ce cri d'alarme pas banal : plusieurs commissaires européens évoquent depuis peu le risque de « désintégration » de l'UE (2) ! De fait, la libre circulation des personnes est remise en cause ; les pays d'Europe centrale et orientale se replient sur eux-mêmes ; les courants d'extrême droite progressent partout... Quelles leçons tirer de cette crise existentielle de l'actuel modèle européen ? Quant aux relations de l'UE avec ses voisins, outre le pacte diabolique passé avec l'actuel pouvoir turc, la prolongation des sanctions économiques contre la Russie, sans régler aucun problème, bride les indispensables coopérations politiques avec ce partenaire incontournable. Or fin juin se redécidera la politique des dites sanctions. 2016 : une année qui va compter !

    (1) « Le Monde » (3 décembre 2015).
    (2) Federica Mogherini, Günther Öttinger ainsi que l'ex-commissaire Michel Barnier. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu des propos semblables.


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  • Verite sur dette grecqueZoé Konstantopoulou : « La Commission de Vérité sur la dette publique subit une chasse politique de la part des nouveaux partisans des memoranda »

    L’ancienne Présidente du Parlement hellénique, Zoé Konstantopoulou, et deux des membres de la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque, Georges Kassimatis, professeur honoraire de droit constitutionnel et Leonidas Vatikiotis, économiste et journaliste, ont présenté le 22 décembre 2015, dans le cadre d’une conférence de presse qui s’est tenue dans les locaux de l’ordre des avocats, à Athènes, le travail effectué depuis le 20.09.2015 par la Commission, son activité internationale et ses prochaines actions.

    Zoé Konstantopoulou a fait en particulier mention des attaques dont la Commission pour la Vérité a récemment fait l’objet de la part de l’actuel gouvernement. Elle a ainsi évoqué la disparition du rapport préliminaire de la Commission du site web du Parlement, la façon dont la fin des travaux de la Commission avait été annoncée- s’apparentant à un véritable« coup d’État », mais aussi l’entrée par infraction dans les bureaux de la Commission, ainsi que dans son propre bureau, sur ordre de l’actuel président du Parlement, N. Voutsis. Elle a d’ailleurs révélé qu’elle avait déposé plainte à ce sujet.

    « La Commission de Vérité sur la dette publique grecque subit une chasse aux sorcières politique de la part des nouveaux adeptes des memoranda », a souligné Zoé Konstantopoulou, ajoutant que le régime, nouvellement acquis aux memoranda, se livrait à des méthodes autoritaires et à des actes d’intimidation sans précédent. Elle a également évoqué les commentaires ironiques que le Premier ministre a récemment tenus à la tribune du Parlement, concernant le caractère odieux et illégitime de la dette.

    L’ancienne Présidente du Parlement a également évoqué l’activité internationale de la Commission ainsi que la présentation des Rapports de la Commission dans le cadre de conférences internationales et auprès d’institutions académiques. Plus précisément, Mme Konstantopoulou a participé à des conférences internationales à Bruxelles, Barcelone, Londres et Paris, tandis qu’elle a été la principale conférencière lors d’événements organisés par les universités de Columbia (New York) et de la London School of Economics (London). Mme Konstantopoulou a mentionné qu’au cours de toutes ces rencontres, les rapports de la Commission avaient été distribués, et que des initiatives similaires et des demandes d’audit de la dette avaient d’ores et déjà été déposées dans des pays comme l’Argentine, l’Espagne, la Tunisie, la France et le Royaume-Uni.

    Enfin, elle a fait état de la rencontre de la Commission avec l’expert indépendant des Nations Unies sur la dette et les droits humains, lequel a donné une conférence de presse le 08/12/2015 soulignant l’importance de la création de la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque, l’importance de ses travaux, la nécessité de poursuivre l’audit de la dette, la nécessité absolue d’un allègement de la dette pour que les droits des citoyens soient protégés.

    En ce qui concerne l’avenir de la Commission pour la Vérité sur la dette, Zoe Konstantopoulou a annoncé qu’un lieu avait été trouvé pour accueillir les réunions de la Commission, victime d’une véritable « persécution politique », Yannis Mavros – fils de Georgios Mavros – ayant proposé le bureau de son père à titre gratuit, pour que la Commission y siège et y ait ses bureaux. Elle a également annoncé que la Commission était sur le point de se doter d’une nouvelle forme juridique afin de poursuivre ses travaux sans être affectée par la guerre et la persécution qu’elle subit de la part du régime désormais acquis aux memoranda.


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  • Boursorama avec AFP le 05/01/2016

    En Grande-Bretagne, il fait bon être patron, même si la bourse chute. Ce soir, mardi, soit le deuxième jour travaillé de l’année, les grands dirigeants anglais auront engendré autant de revenus que le salaire moyen annuel d’un employé britannique.

    bourse-anglaise

    En 2014, les grands patrons ont gagné 4,96 millions de livres (6,75 millions d’euros) en moyenne. ( AFP / BEN STANSALL / STF )

    Cette observation a été réalisée par le groupe de réflexion High Pay Centre, spécialisé dans l’étude des hauts revenus et la gouvernance des entreprises. D’après cet organisme, les directeurs généraux des 100 entreprises faisant partie de l’indice FTSE-100 des principales valeurs de la Bourse de Londres auront gagné mardi, plus que le salaire annuel britannique moyen, qui s’élève à 27.645 livres (37.600 euros).

    Surnommée le « mardi des gros bonnets », cette journée « met à nouveau en lumière le problème permanent des différences de salaire au Royaume-Uni », relève le directeur du High Pay Centre, Stefan Stern.

    En 2014, les grands patrons ont gagné 4,96 millions de livres (6,75 millions d’euros) en moyenne. Si l’on rapporte cette somme aux nombres d’heures travaillées, cela équivaut à un salaire horaire de plus de 1.200 livres soit 1.600 euros.

    Depuis la crise financière, le gouvernement britannique s’est efforcé de limiter les salaires et les bonus des hauts dirigeants. Les actionnaires peuvent désormais s’opposer à la politique de rémunération lors des assemblées générales.

    Les grands groupes sont également obligés depuis 2013 de publier des chiffres plus transparents sur la paie des patrons, qui en général reçoivent en plus de leurs salaire de base des bonus, stock-options et autres avantages. Le groupe de réflexion note que les chiffres permettent de s’interroger sur l’efficacité de la politique du gouvernement.

    Cette nouvelle intervient alors que la bourse de Londres s’est clôturée en forte baisse (2.39%), lundi soir, à cause des inquiétudes pesant sur l’économie chinoise. L’indice FTSE-100 des principales valeurs a chuté de 148,89 points pour terminer à 6.093,43 points la première séance de l’année. L’année dernière, la bourse de Londres a reculé de presque 5%.

    SOURCE : Les patrons britanniques ont gagné en deux jours le salaire moyen annuel d’un employé – Anti-K

    Lire aussi : Royaume-Uni : les patrons des entreprises cotées gagnent 183 fois le salaire moyen – Anti-K


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  • Dans un coup de théâtre de dernière minute (qui s’explique par les résultats des élections générales de décembre, voir note en fin d’article …), le président régional sortant Artur Mas a renoncé à briguer un nouveau mandat.

    Antonio Banos (g) leader du parti de gauche radicale CUP lors d'un meeting à Badalone en Espagne, le 25 septembre 2015

    Le retrait de sa candidature a permis la formation d'une coalition de gouvernement, qui va des conservateurs à la gauche anticapitaliste, décidée à profiter de sa majorité absolue au parlement régional pour proclamer d'ici 18 mois l'indépendance de la Catalogne. Dimanche soir, les députés indépendantistes confirmeront Carles Puigdemont, maire de Gérone, 53 ans, comme le successeur d’Artur Mas.

    Antonio Banos (g) leader du parti de gauche radicale CUP lors d'un meeting à Badalone en Espagne, le 25 septembre 2015

    (…) Les indépendantistes regroupent leurs forces alors qu'à Madrid les élections législatives du 20 décembre ont laissé un parlement fragmenté, où les conservateurs du chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy ont perdu la majorité absolue et cherchent en vain des partenaires pour former une coalition.

    M. Rajoy espère parvenir à un accord avec le Parti socialiste (PSOE), deuxième force politique en Espagne, et avec le parti libéral Ciudadanos, opposés comme lui à l'indépendance de la Catalogne. Le PSOE vise en revanche une alliance avec Podemos et des partis nationalistes en Catalogne et au Pays basque. Mais les indépendantistes lui compliquent la tâche.

    Les indépendantistes veulent mettre en œuvre le programme avec lequel ils ont remporté la majorité absolue de 72 sièges sur 135 au parlement régional, avec 47,8% des voix, le 27 septembre dernier. Dès novembre, ils avaient adopté une résolution proclamant le début du processus de sécession et l'insoumission aux institutions de l'Etat espagnol.

    Mais leur plan avait failli échouer en raison du désaccord entre les 62 députés de la coalition "Junts pel si" (Ensemble pour le oui), formée par Artur Mas, et les 10 députés anticapitalistes de la Candidature d'unité populaire (CUP). La CUP refusait de reconduire Artur Mas à la tête du gouvernement, lui reprochant quatre ans de politique d'austérité et la corruption de son parti.

    (…) Le pacte conclu entre la CUP et "Junts pel si" garantit la stabilité du nouveau gouvernement régional Les anticapitalistes se sont engagés à ne jamais laisser la coalition seule face aux 63 députés de l'opposition.

    Le parlement doit voter vers 20H00 GMT l'investiture de Carles Puigdemont, qui devra former ensuite son cabinet. Les premières lois qu'il devra présenter portent sur la création d'administrations fiscale et de sécurité sociale pour la Catalogne.

    Catalogne indépendante

    NOTE SUR LE RESULTAT DES DERNIERES ELECTIONS GENERALES ESPAGNOLES EN CE QUI CONCERNE LA CATALOGNE :

    En Catalogne, Artur Mas, président de la Generalitat sortant, et chef de file des indépendantistes, prend une claque: son parti n’arrive qu’en cinquième position (alors que ses alliés indépendantistes de gauche, l’ERC, arrivent en deuxième position)… Cela complique davantage encore sa reconduction à la tête de la Catalogne … Qu’il a abandonnée !

    La force politique prépondérante est la gauche en Catalogne, avec "En Comú" (proche de Podemos) en tête, les indépendantistes de gauche, ERC en 2° position. C'est la déroute pour toute la droite, y compris indépendantiste ... Le Parti Populaire est carrément écrasé.

    Podemos a fait le plein de voix dans les villes remportées par les plateformes « indignées » en mai dernier.Il arrive premier en Catalogne (24,7 %), grâce à l’appui décisif d’Ada Colau, la maire de Barcelone, pendant toute la fin de campagne.

    PHOTO : Catalogne : le petit parti de gauche radicale CUP incontournable pour les séparatistes - 26 septembre 2015 - L'Obs

    PHOTO 2 : Victoire indépendantiste en Catalogne ! | Bretagne Info

    SOURCE : Les indépendantistes de Catalogne forment un gouvernement - 10/01/2016 - La Nouvelle République (MORCEAUX CHOISIS, COMMENTAIRES) ...


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  • Alors que le scandale de multiples agressions de femmes lors du Nouvel An à Cologne n’en finit pas desecouerle pays, plusieurs manifestations se sont tenues ce samedi 9 janvier dans la ville : une centaine de femmes ont d’abord défilépour protestercontre les violences, suivies d’un rassemblement du mouvement islamophobe Pegida anti-migrants et d’un contre-rassemblement antifasciste.

    Manifestation contre le sexisme et le racisme, mardi à Cologne
    Manifestation contre le sexisme et le racisme à Cologne

    « Non à la violence contre les femmes »

    Plusieurs centaines de femmes se sont réunies à la mi-journée sur les marches de la cathédrale de Cologne, pour protester contre les violences faites à des femmes, et qui impliqueraient des réfugiés, le soir de la Saint-Sylvestre.

    Brandissant des pancartes affirmant « Non veut dire non. C’est notre loi. Restez loin de nous » ou « Non à la violence contre les femmes, que ce soit à Cologne, à la fête de la bière ou dans la chambre à coucher », ces femmes se sont fait entendre avec des sifflets et en tapant sur des casseroles.

    Autre manifestation, cette fois des partisans de l’extrême-droite,

    Ils ont commencé à se rassemblersamedi après-midi à Cologne, à l’appel du mouvement islamophobe Pegida « Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident », qui tente de récupérer l’émotion créée en Allemagnepar les agressions sexuelles le soir du Nouvel An.

    Avec des pancartes « Rapefugees not welcome » (« les réfugiés violeurs ne sont pas les bienvenus »), détournant le message de bienvenue aux migrants, des centaines de personnes ont convergé vers les abords de la cathédrale de cette ville rhénane, agitant des drapeaux allemand.

    Manifestation des femmes de Cologne

    Contre-manifestation, antifasciste :

    A quelques encablures et par-delà d’importants barrages de police, un millier de contre-manifestants se sont regroupés au cri de « Nazis dehors ! » et avec des pancartes clamant que « le fascisme n’est pas une opinion, c’est un crime » et que « Les réfugiés sont les bienvenu ».

    « Nous sommes là pour les fairetaire. Il est inacceptable que Pegida exploite l’horrible violence sexuelle perpétrée ici au Jour de l’An et répande ses conneries racistes », a déclaré une manifestante.

    SOURCE  / : http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/01/09/des-centaines-de-femmes-manifestent-contre-les-violences-a-cologne


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